Rue Auvry, à Aubervilliers, le projet transforme une parcelle étroite et hétérogène en couture urbaine. Sur un socle continu dédié au commerce et à l’artisanat, il pose des plots de logements qui se reculent étage après étage pour laisser entrer la lumière et l’air dans une rue jusque-là resserrée.
À l’angle de l’avenue Jean Jaurès, un volume plus haut fait figure de proue : il signale l’entrée du nouveau quartier et sert de bouclier au cœur d’îlot qu’il protège. Derrière ce front, l’îlot s’ouvre sur un jardin planté, généreux et ensoleillé, bordé de terrasses et de jardins suspendus dont la végétation déborde vers l’espace public.
Une même peau de zinc clair unifie l’ensemble. Ce matériau, choisi pour son écho au monde de l’atelier et de la petite fabrique, renvoie vers la rue orientée au nord la lumière du sud ; ses calepinages varient d’un volume à l’autre — trame serrée sur les bandeaux, plus large sur les attiques — sans jamais rompre la cohérence de l’ensemble. Les creux d’attique et les bâtiments raccordés aux mitoyens passent à l’enduit, en contrepoint.
Les soixante-et-un logements sont tous traversants ou à double orientation, prolongés d’un espace extérieur et desservis, comme des maisons, depuis des coursives ouvertes sur le cœur d’îlot. De la rue à l’appartement, on traverse le jardin.