Deux villas dans un parc
À Thiais, dans un quartier qui transforme un carrefour métropolitain, le projet renonce à l’immeuble unique et continu. Il lui préfère deux volumes distincts — deux immeubles-villas à l’échelle domestique, posés en retrait des alignements et mis à distance par le végétal, le long d’une allée piétonne.
Entre eux, une faille. Large de plus de treize mètres, plantée, exposée plein sud, elle laisse filtrer la lumière jusqu’à la venelle et ouvre une percée sur le cœur d’îlot. Ce qui aurait été une façade nord dans l’ombre devient un intervalle habité : l’air et la lumière passent entre les bâtiments, les logements se multiplient en angle, à double orientation, et profitent pleinement du cycle solaire.
L’écriture puise dans l’imaginaire des architectures des années trente. Un socle de pierre massive porteuse s’élève sur quatre niveaux, animé par le calepinage des pierres, les loggias et les bow-windows ; il porte deux attiques en double hauteur, où les duplex se lisent comme de véritables maisons posées sur le toit de pierre, prolongées de terrasses plantées. Plus de la moitié des façades est en pierre massive — un matériau noble, pérenne et sobre en carbone.
Structure poteaux-dalles décarbonée, façades porteuses en pierre : le projet conjugue une image classique et une empreinte mesurée, et offre à chaque logement lumière, double orientation et prolongement extérieur.