À Gif-sur-Yvette, le lot Ne31 occupe l’angle nord-ouest de la lisière du plateau, dans un tissu fait de très grands îlots. Avec les lots voisins, il forme une pièce urbaine qui qualifie à la fois un front sur les boulevards et une intériorité paysagère. Le projet y poursuit une ambition double, marquer la limite urbaine et tisser des mitoyennetés d’échelle domestique.
Sur la rue, un socle continu — rez-de-chaussée et premier étage — tient le front bâti, coiffé de trois émergences qui rythment et séquencent le boulevard. Mais dès le rez-de-chaussée, les logements s’écartent des codes de l’immeuble. Le long du boulevard ouest, chacun dispose de sa propre entrée, par un portillon et une loggia surélevée, comme autant de maisons alignées ; l’échelle perçue s’en trouve adoucie, la façade habitée et l’espace public stimulé. À l’est, des logements individuels superposés, desservis par leurs propres escaliers, s’installent en limite d’îlot et composent un tissu résidentiel fin.
Au cœur de l’opération, le rez-de-chaussée est pensé comme un lieu de vie plutôt qu’un simple sol technique. Un porche généreux rassemble les fonctions partagées ; un local d’activité anime l’angle sur l’espace public ; et quelques usages plus rares — une chambre en location journalière, des pièces « à la demande » que l’on peut associer à un logement voisin — prolongent cette idée d’un habitat souple. Un mail paysager traverse l’îlot du nord au sud : cour-jardin profonde en pleine terre, il dessert les logements et gère les eaux de pluie à ciel ouvert, l’entrelacs de cheminements, d’escaliers et de terrasses en faisant un paysage habité.
L’écriture prolonge ce registre domestique. Un socle de béton de site texturé, ancre le projet à son sol et rappelle la ferme du Moulon. Au-dessus, une structure bois supporte des façades enduites à la chaux, des menuiseries de bois et leurs modénatures pré-grisé marquent les baies.
D’un bout à l’autre, le projet ramène le grand îlot à la mesure de la maison.